1,3 pourtant...


1,3 %. C’est le pourcentage, à quelques scientifiques-querelles-à-virgules prêt, de différence génétique que l’Humain a avec les 2 espèces du genre pan connues sous les noms de chimpanzé et de bonobo.
A l’heure où il était encore du devoir de nos ancêtres de parcourir le monde à la recherche des omégas 3 nécessaires à l’équilibre physiologique des petits hominidés que nous étions, voici qu’au détour d’un taillis, après une harassante journée de chasse, pêche et tradition, un apriori homo erectus, descendant peut-être d’un ancêtre commun aux deux espèces de singe citées plus haut, eut l’idée de mettre son steak 100% mammouth bio sur le feu, feu qu’il avait par ailleurs et par je ne sais quelle poussée inspiratrice, réussi à apprivoiser et à reproduire à volonté pour peu que du silex eusse été dans les parages….

Le barbecue était donc né et avec lui, une certaine forme de conscience bien particulière à notre espèce. Notre hystérique autant que géniale faculté à rechercher tout un tas de formes de conforts depuis cet instant peut largement en témoigner.

Non pas que j’attribue à la seule domestication du feu la naissance d’une conscience qui serait dès lors distinctement humaine mais il est clair que cette découverte a marqué un tournant, virage en épingle du genre, dans l’histoire des homos sapiens sapiens que nous sommes devenus.
Nous pourrions lister :

- grotte climatisée,

- éclairage primitif de nuit,

- plaisirs de la cuisson, (qui se transformeront x mille ans plus tard par : «  Votre viande… bleue, saignante, à point ou bien cuite ? »)

- premier film d’animation avec « Les ombres chinoises des cavernes » ( Sapiens Entertainment Corporation)… Et pourquoi pas ??!

- incinération…

De ces de primes abords archaïques conforts, en découleront une meilleure gestion de notre capital santé :

- élimination de la majeure partie de la faune et la flore microbienne de nos aliments,

- mastication facilité,

- économie d’énergie vitale… Et oui, parce que quand on a chaud à volonté, on n’a plus besoin de lutter contre le froid… Et quand on n’a plus besoin de lutter contre le froid, on n’a plus besoin de fabriquer AUTANT de poils… Sans compter qu’une cape en fourrure d’auroch, et plus tard de dalmatien, c’est tendance…
Mais revenons à nos bisons. En perdant tous ces attributs pileux contre lesquels nous ne cesserons plus jamais de nous battre afin de réussir un jour prochain à en faire disparaître, entre autre de nos jambes, la totalité de ses maigres vestiges, nous nous sommes donc… transformés.  Et c’est  la théorie de l’évolution (Darwin), contre la théorie de la création divine (religions), uxquelles vient s’ajouter la théorie de notre suicide collectif en cours (Yan Arthus Bertrand, ONG, mamie).

Bien que ces capacités cognitives - dramatiquement ? -  supplémentaires soient à l’origine de notre survie, elles sont aussi paradoxalement à l'origine de faits parfaitement insensés et qu'en plus de ceux de nos cheveux, ceux sont peut-être bien les gènes de la folie qui ont mutés…

C’est de ce constat que je pars dans la réalisation d’une première série de dessins ayant pour sujet les excès… humains. Evidemment, je nous critique… Un peu. Mais comme je n’ai pas encore pris de mainates sauvages en flagrants délits de construction frénétique de nids énergivores au beau milieu de nulle part, capables de générer une incidence atmosphérique significative, mettant littéralement en danger de mort l’intégralité de leur propre  écosystème, je me permets…
En plaçant un être "originel" (j’ai mis les guillemets…)  dans des situations illustrant nos savoir-faire humanoïdes (croire en dieu et se déguiser juste pour le plaisir inclus  - 
Athé souhait, Singerie -,  je pose la question de la vraie nature de l'évolution.

En quoi avons-nous réellement gagné en développant notre conscience ? Et plutôt que de conscience ne s’agirait-il pas plutôt de paresse ? Survivent dans le vivant les espèces étant les moins dépensières en énergie... D’accord, mais à quel prix ?
Au beau milieu de rayons d'un magasin dégueulant notre "progrès" -
Trop grandes surfaces - ou perdu dans un tas de traders fous - Monde à parts -, un bonobo vraisemblablement anorexique dans l’un, égaré, perdu et triste dans l’autre, nous regarde, nous questionne : «  Alors c’est pour ça ? »
1, 3 % donc, et pourtant… Nous nous évertuons encore et toujours à écrire sur du papier dont les arbres nécessaires à sa fabrication n’ont pas encore poussé. Espérant qu’en défiant ainsi le temps, nous resterions un beau jour d’éternels jasmins en fleur, dont le parfum enivrant tenterait de nous faire oublier - attention vous allez grimacer - que notre chair, une fois morte, ne fait que sentir au combien mauvais… Alors, cette grimace ?
Et tout ça pour un accidentel barbecue… Vous êtes "chiants les mecs", j’vous jure ! A moins que ce ne soit à cause de madame, qui en avait ras la tignasse de se les geler… On est "chiantes les meufs", j’vous jure !
Ou peut-être est-ce parce que nous en avions marre de faire l’amour dans le noir et dans le froid ? J’en mettrais presque ma main au feu…


Jessica Nodin

2012





Retour galerie